L'ironie était là pour désamorcer la lourdeur, sans sacrifier notre amour pour l'objet d'expérience. Nous savions aussi que cette distance, cette vision 'universaliste' de branchés chic de la culture pop pouvait coller avec l'image que les étrangers ont de la France. La réussite des DJ's français l'a amplement prouvé par la suite.
On cherche maintenant activement à signer dans une maison de disques, gríce à Jurgen, notre nouveau manager Allemand, ancien amant de Brigitte Bardot qui nous a décroché ce premier vrai concert, à la Main Bleue de Montreuil. Cette énorme boite proto-techno, le plus grand dance-floor d'Europe, est établi dans un sous-sol de supermarché. C'est le fief des mondains des Halles comme Thierry Ardisson et son magazine Façade, ou Serge Kruger, designer de mode, animateur de radio et DJ de soirées africaines. Dans un light-show au laser, les premiers jeux vidéo d'arcade (Pong) parsèment la salle et la vodka-tonic fluorescente font un décor parfait pour des fans de SF comme nous.

Cagoulés comme des terroristes (clin d'oeil aux Residents), vétus de combinaisons de travail blanches et de chaussures de sécurité industrielles, le concert est un magma noisy car la fumée artificielle nous aveugle, empêchant Maurice de programmer son synthé qui rend des sons absolument incontrôlables. Après cette première expérience, notre manager nous emmène dans un château franc-maçon, près de Troyes pour nous coacher. Quelques semaines de répétitions intensives dans une cave du 13ème siècle, avec jogging matinal pour polir notre futur album. Mais, après des négociations avec CBS ou Barclay infructueuses, Jurgen démissionne.
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Riton &  Mo en CyberTerroristes à la Main Bleue (sept 78)
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