Toute son énergie est orientée vers la polémique, dans le but de maintenir la
couverture médiatique (Parlez en bien, parlez en mal, mais parlez de moi. Vieil adage du showbiz !). Son talent, c'est de scanner compulsivement les idéologies moribondes du 20ème siècle. Une vieille technique de rhétorique (abondamment employée par Bizot) qui permet de se forger une aura de prophète futuriste à moindre frais. Le pseudo 'complot' contre son génie ourdi par l'ennemi gauche-caviar (qui l'a au demeurant sorti du ruisseau et abondamment soutenu en début de carrière) pourrait n'être qu'une invention pure et simple conçue pour régler les comptes du Papa résistant communiste qui n'avait pas eu sa part du g’teau miterrandien.

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Le feu et l'acier de l'Apocalypse selon Druillet
En 2000, il me propose la rédaction d'un essai théorique à trois mains, résultat de nos nombreuses discussions autour des enjeux de la littérature, de l'art et de la technologie pour le nouveau millénaire, en collaboration avec un autre ami, professeur à l'université de Montréal, Thierry Bardini. Il part pour la France avec nos notes, puis dépose le projet... à son nom chez Gallimard, tout en nous disant 'qu'ils n'étaient pas intéressés'. Renouant avec ses bonnes vieilles habitudes du temps d'Artefact ou il s'attribuait tout le bénéfice de notre travail commun ! C'est la goutte qui fait déborder le vase, car j'ai maintes fois (je n'en ferai pas la liste exhaustive ici) bossé pour lui, pour me retrouver payé à coups de pieds au cul. La 'méthode Dantec' est assez simple : utiliser systématiquement les conversations informelles avec ses 'amis' en jouant l'avocat du diable, pour avoir tout loisir d'y prendre ce qui l'intéresse, et de se l'approprier. Mais j'en ai maintenant plus qu'assez de voir mes réflexions paraitre sous son estampille. Si j'avais pris du plaisir à lui donner ce qui constitue la sève des romans de sa période cyber, continuer à le fréquenter reviendrait à me tirer maintenant dans le pied, puisque je suis maintenant, moi aussi, un auteur publié. De plus, mécontent que je puisse 'oser' critiquer son comportement vampirique auprès de mes amis, il commence à me menacer. Moi qui l'ai soutenu pendant son ascension vers le succès, il me remercie par un renvoi d'ascenseur...dans la gueule ! Il se pavane avec sa petite cour de lèche-bottes, son émolument mensuel de 6000 euros, et vient me chier dessus sans vergogne.

Par pur égotisme, venant de se couper de sa principale source de réflexion techno-artistique (moi), il renie maintenant sa période 'cyber' pour se consacrer à la métaphysique, terme pompeux exprimant le fait qu'il est un des rares auteurs gaulois à sortir du cartésianisme étroit, ou du freudo-marxisme des intellos de St-Germain.
Un ami réalisateur français que je lui avait présenté, Yann Langevin, a réalisé un documentaire datant de cette période. Au cours de la préparation du film, je préviens Yann que Dantec est en train de péter les plombs. Le résultat est assez pitoyable. On y voit un Dantec dévoré par son vide intérieur, pérorer sur des clichés catastrophistes ou tirer compulsivement sur son joint face à une webcam.
A ce moment, la plupart des journalistes sont encore subjugués par ses impostures (ou ses postures ?), mais un ami écrivain québécois, Michael LaChance me propose d'écrire la critique du journal métaphysique fraichement paru, ce 'Théatre des Opérations' qui se trouve être le projet auquel Dantec m'avait proposé de participer. Après mûre reflexion, je décide -malgré les risques- d'ouvrir le bal pour le remettre à sa place.
Ce travail fut déplaisant (qui a vraiment lu ces 800 pages ?), mais le résultat libérateur. Connaissant ses ficelles par coeur, ma critique va directement à l'essentiel, et fait bien plus mal que celles de bien des journalistes qui ne savent pas de quoi ils parlent.